Edito de la Semaine Sainte 2022
Nos statues voilées ou presque…

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En tous cas pas comme toutes les autres dont on drape les silhouettes partout ailleurs en cette partie du carême… Privées d’emblée d’aspect de momies emmaillotées de bandelettes auxquelles beaucoup d’entre elles finissent par ressembler tout en faisant peur aux petits et aux grands, les nôtres semblent plutôt retrouver leurs plus belles allures ignorées jusqu'à présent par l’œil habitué des fidèles passant sous leurs nez. Vivraient-elles ainsi leur résurrection avant Pâques ? Oui, c’est bien le cas ! Nos statues peuvent ressusciter aussi ! Et cela grâce à une recherche esthétique de leur densité spirituelle. Cette densité enfuie profondément dans le neutre de la blancheur fade de leurs corps est fondue dans celle des alcôves de l’église. Il a fallut à tout prix les faire ressortir de cet oubli optique en utilisant le jeu d’un double contraste. Leur voilement réalisé pour des raisons liturgiques m’a paru une occasion par excellence pour leur « filer » une étincelle de vie « au fils » d’un tissus qui nous a parût aussi sobre que grave et majestueux. L’effet, comme vous pouvez le constater, en contemplant attentivement chacune d’elles est saisissant. 

Le premier contraste concerne le jeu des supports : entre celui de la rigidité du matériel dont elles sont faites-le plâtre froidement blanc en occurrence et la plasticité du tissu accentuée par sa couler violette. Le second contraste concerne, cette fois-ci, la liberté de leur enveloppement partiel mettant en relief certains fragments des corps laissés découverts à la différence de la totalité de leur revêtement facilement imaginable et qui est pratiquée traditionnellement ailleurs. La lumière du jour se posant sur leurs contours au diapason des heures fait le reste. Ainsi chacune d’elles, grâce à un mouvement propre du tissu épousant sa forme spécifique peut enfin exprimer la nature profonde de sa présence, une certaine mélancolie, certes, mais aussi une méditation sur le temps qui passe et ne revient plus… L’inspiration d’une telle expérimentation esthétique vient d’en-haut. Du ciel bien sûr mais plus précisément encore de nos vitraux qui cachent discrètement ce genre de mouvement de voile dans la représentation de certains personnages. 

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Allons donc à la redécouverte des statues de notre église avant qu’elles ne retombent à nouveau dans les abysses de leur solitude apparente. Entrons dans le cercle de leur dense religieuse figée quelque part dans les hauteurs célestes. Prenons le temps pour saisir  le message spirituel qu’elles nous réservent. Tendons-leur notre main… Enfin, contemplons dans le creux des plis de leur nouvelle toilette les traits du deuil et de la souffrance infligées par la perte de leur Époux mystique commun qu’elles s’apprêtent, chacune à sa manière, à pleurer dans la Semaine Sainte. Et si nous n’arrivons pas encore à prier Dieu devant elles, prions Le avec elles, car elles ont une âme paisible et compatissante ancrée dans la sainteté de ceux et celles qui nous ont précédés dans la foi et qu’elles représentent si bien. 

Une très mystique Semaine Sainte à tous !

In Christo Père Robert, curé

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