HOMELIES

Lettre ouverte à l’Enfant de Bethléem
En guise d'homélie de la Nuit de Noël 2021

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Cette crèche, fruit du géni de nos catéchistes régit l’espace de ma paroisse et seulement de celle-ci. A chacune sa crèche et ses étoiles suspendues au firmament de leurs problématiques locales! Moi je viens pour la mienne. Comme toutes les autres de France, elle aussi fait face aux temps bien troubles pour l’Église et ses pasteurs. Même les plus illustres en payent le prix, se voyant sacrifiés sur l’autel des hypocrisies, d’indifférence, des règlements des comptes... Que dire alors des curés et des prêtres de nos campagnes, villages et quartiers? Qui les protègera contre la haine du monde? Combien doivent ils encore démissionner pour satisfaire la soif d’une vengeance venant des époques désordonnées du passé...? Nous ne sommes ni anges ni saints comme toi l’Emmailloté dans les langes. Mais nous sommes vulnérables et pêcheurs. Même le Pape François nous dit qu’il en est un! Protège donc l'authenticité de notre vocation fragilisée par les risques d’une charge trop idéalisée qui nous incombe. Sauve pour l’amour du Ciel de ta divine Naissance notre enthousiasme sacerdotal si nécessaire pour la bonne gestion de ton «business céleste» sur terre.

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Préserve, ô divin Messie, ma communauté des séquelles de la pandémie du Covid 19, de tous ses variants confondus. Cela fait bientôt deux ans qu’on y patauge, qu’on s’y épuise ... Rappelle- nous qu’il faut de la patience pour penser les plaies, du temps pour guérir les blessures, de l’optimisme et de la bonne foi pour fortifier l’organisme et ses structures. Ouvre les yeux des nostalgiques des époques révolues sur tant de merveilles que tu accomplis malgré tout ces quatre dernières années. Il suffit juste de bien détecter nos charismes propres et nos besoins pour avancer au souffle de l’Esprit et en vérité sans copier pour autant nos paroisses voisines. Ralenti les pas des impatients frôlant l’activisme exacerbé. Libère les stagnants des méandres de leurs peurs, suspicions et fatigues. Stimule nos bénévoles dans leurs divers services pastoraux.

Protège les d’une routine, d’un épuisement ou d’une tentative d’un absolutisme quelconque. Comment leur dire merci pour tout ce qu’ils font de leur bon cœur pour l’avènement de ton royaume sur la terre de Courbevoie et d’Asnières sous les auspices de Saint Maurice, Saint Candide et de Saint Charles? Et surtout apprends nous à chanter dans cette église ta Gloire à l’unisson des cœurs généreux et solidaires bien au-delà des ultimatums pour le français ou le latin. Dans laquelle de ces langues, déjà, ta sainte Mère te chantait-elle des berceuses?... Laquelle des deux, as tu choisi pour faire tes beaux rêves ...

Oui, Mets à notre profit l’innocence de cette Nuit. Puisse sa douceur s’étendre sur les matinées de nos stress familiaux, sur les journées de nos ennuis professionnels, sur les soirées de nos échecs spirituels... Qu’elle recouvre nos vies agitées tel un épais manteau blanc régénérant les esprits fracturés par leurs violences internes. Tu connais leurs noms...

Peux-tu nous accorder tout cela, petit Prince de la Paix? Peux-tu nous rendre la véritable joie de Noël ? Peux-tu encore sauver son esprit ? Ou est-ce trop demander? Trop tôt peut-être? Alors dors... dors tranquille, dans la quiétude de ta mangeoire.

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Père Robert, Curé

Lettre lue et déposée la Nuit de Noël 2021 à la crèche de Saint Maurice de Bécon

Ton heure viendra, ô petit ... Jésus. Et lorsque tu daigneras ouvrir tes yeux sur le monde des grands que le sourire bienveillant de ta Mère les dirige aussi vers cette missive déposée à tes pieds par un petit curé du coin... En attendant, joyeux Noël, Jésus! Joyeux Noël, ô Christ tant qu’on peut se le souhaiter encore en prononçant librement ton Nom...

Ainsi soit-il.

Homélie
Crèche Saint Maurice
Crèche Saint Maurice
Lettre ouverte
Crèche Saint Maurice
Crèche Saint Maurice
Crèche Saint Maurice
Crèche de Saint Maurice

O doux petit Jésus,

On m’a toujours dit que la Nuit de Noël bien des miracles se produisent. Que même les animaux pratiqueraient le langage humain, que les cœurs les plus durs s’y bonifient, que les mains les plus radines s’ouvrent à autrui et que les frimousses les plus crispées peuvent se doter d’un sourire ... Voilà pourquoi, avec mon âme d’enfant toujours prête à croire au monde des merveilles, j’accours me blottir contre ta crèche, petit Seigneur, pour demander quelques cadeaux d’usage, si tu veux bien les accorder à ma communauté, à ses ministres ordonnés et aux invités de passage... Non, je ne les demande point ni à Saint Nicolas ni au Père Noël. Leurs présents trop compromis avec l’air du temps s’avèrent hélas trop souvent éphémères voire de contrefaçon. Toi seul connais le fond des cœurs des hommes, tu vois quelle grâce peut les combler à jamais, au moins pour un peu plus longtemps...

J’arrive donc sans devoir montrer mon passe sanitaire à la milice céleste, veillant d’en haut sur ton bien-être d’ici-bas, menacé, par tant de dangers que t’offre notre monde actuel. N’est-ce pas déjà un premier miracle de Noël en soi? Mais n’a-t-on toujours pas dit que dans la bombance de ta crèche l’ombre de la croix était déjà présente...? Pour ne pas mettre à l’épreuve ta « Puissance endormie » je mets tout de même mon masque et j’asperge les mains avec du gel «hydro-béni». Les gestes sanitaires obligent pour ne pas compromettre le bonheur des autres. Mais aujourd’hui, aucune barrière fusse-t-elle la plus justifiée ne saurait me séparer de toi ni de mes frères et soeurs dans la foi, qu’ils soient vaccinés ou pas, mon petit Prince d’une nuit...